Magdeleine Pierson, détective du passé castélorien

Magdeleine Pierson, 83 ans, est cette dame que l'on voit circuler sur un tricycle dans les rues de Château-du-Loir. Férue de généalogie et d'onomastique (science qui étudie les noms propres), Magdeleine est intervenue à la radio locale pour transmettre ses connaissances, celle-ci alimentait aussi la rubrique « C'était il y a 100 ans » du Petit Courrier de la Vallée du Loir. Feuilletant les archives d'état civil de la ville, Magdeleine a découvert que dans la rue Portaveau habitait dans les années 1860, une sage femme nommée Marie Raimbault, qui pratiquait son noble métier au domicile de sa clientèle. Mais les jeunes domestiques ou aide agricoles, souvent orphelines, engrossées, chassées sur le point d'accoucher étaient accueillies au domicile de Marie Raimbault, sinon elles auraient accouché seules dans la paille. De 1858 à 1886, Magdeleine Pierson a comptabilisé quarante-huit naissances, plus trois nouveaux nés abandonnés de nuit à sa porte. Parmi les écrits d'état civil on peut noter cette inscription du 21 janvier 1860 : « Jean-Baptiste de Madeleine Victorine Lefeuvre 21 ans, domestique : A l'heure de minuit, il a été déposé et abandonné par un inconnu qui a pris la fuite, chez Madame Marie Raimbault, sage femme, rue Portaveau, un enfant du sexe féminin, revêtu d'une chemise de toile garnie de basin (Etoffe croisée dont la chaine est de fil et la trame de coton) et autres effets détaillés au procès- verbal, et n'ayant aucune marque qui puisse la faire reconnaître et paraissant âgée de 10 à 12 heures, l'avoir inscrit sous le nom de Joséphine Portaveau, l'avoir envoyé pour y être admise au nombre des enfants trouvés, à l'Hospice de la Charité du Mans. »

Magdeleine Pierson a fait part de ses recherches à la municipalité afin de faire revivre la mémoire de cette femme et pourquoi pas, de donner le nom de Marie Raimbault à la rue Portaveau. « On donne bien des noms à des généraux qui ont fait la guerre, pourquoi ne pas honorer une femme qui apporta secours aux pauvres filles qui donnaient la vie » Conclut Magdeleine qui va de nouveau se replonger dans les archives pour découvrir d'autres histoires secrètes sur le passé de Château-du-Loir.

Magdeleine Pierson, détective du passé castélorien
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