Sylvain Louchet l'un des réfugiés de Courbevoie

Sylvain Louchet, membre du Billard Club Castélorien, est né le 26 juin 1922 à Courbevoie. Avec sa mère et son frère, ils font partie des nombreux habitants de Courbevoie qui ont été hébergés par la municipalité de Château-du-Loir à la demande de la préfecture lors de la déclaration de la guerre en 1939. Des écoliers font partie du voyage, encadrés de leurs maîtres et maîtresses, et sont hébergés au Manoir de Riablay. Un service d’accueil distribue des vivres aux évacués arrivant en gare ou y transitant. Un service de restauration est mis en place rue Jean-Baptiste Nourry pour manger midi et soir. « Un jour, nous avions à manger une soupe aux poissons, mais ils avaient oublié d'enlever les arêtes . Ma mère a interpellé le Maire, Gaston Perrin, lui disant « on est pas des cochons ! » Pour se faire pardonner celui-ci a fait entrer le jeune Sylvain qui avait appris le métier de soudeur à Courbevoie, à l'usine Aïvaz, dont le siège social est à Suresnes, entreprise spécialisée dans l'aéronautique avec fabrication de radiateurs en aluminium. Cette entreprise était sur les lieux actuels de la maison médicale des Profondevaux » Précice Sylvain Louchet. En juillet 1940, les réfugiés regagnent leur domicile.

Pour remercier ce geste d’humanité, envers la ville de Château-du-Loir, une avenue a été baptisée à Courbevoie « Avenue de Château-du-Loir ».

De retour à Courbevoie, Sylvain travaille à nouveau dans une usine de chaudronnerie jusqu'en 1942. Malheureusement, il est réquisitionné pour travailler en Allemagne. « Si vous ne voulez pas partir, nous prenons votre père ou votre frère » Annonce le recruteur allemand. Un total de 600 000 à 650 000 travailleurs français fut acheminé vers l'Allemagne entre juin 1942 et juillet 1944. Il se retrouve à Berlin à l'aéroport Tempelhof, et travaille à la fabrication d'avions dont les fameux Stukas. Ensuite, en 44, Sylvain est envoyé à Rabstein en Tchécoslovaquie « Ils avaient creusé des tunnels pour mettre au point certaines armes. Un jour j'ai été demandé pour faire un travail de soudure délicat sur des panzerfaust, sorte de lance-grenades antichars. Ne voulant pas que cette arme fonctionne pour tuer, avec mon camarade, nous avons utilisé des baguettes de soudure non conformes à la demande des ingénieurs. Lors des essais sous le tunnel, l'arme a explosé, nous avons fait semblant de ne rien savoir. Quelque temps plus tard, nous nous sommes échappés pour fuir vers la zone américaine ».

L'armée russe était arrivée en Tchécoslovaquie, c'est la débâcle allemande. Les avions russes mitraillaient les convois. « Lors d'une attaque, nous sautons du camion, avec mon camarade nous nous retrouvons dans un fossé. Après l'attaque, nous nous en sortons vivant. Prenant mon sac pour repartir, j'aperçois un trou, une balle est passée au travers, nous avons eu beaucoup de chance ce jour-là... ».Revenu en France, Sylvain rejoint ses parents qui habitaient au premier étage de la mairie de Luceau. Il reprend son travail de soudeur à l'ACNAM, l'ancienne usine Aïvaz, et fabrique les bateaux de sauvetage du France, les voiliers pour Eric Tabarly et André Glicksman. Château-du-Loir est loin de la mer, mais avait son entreprise navale.

Avenue de Château-du-Loir à Courbevoie

Avenue de Château-du-Loir à Courbevoie

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