Josette, gardienne de la mémoire de son grand-père, poilu de 14-18

Josette Chollet de Thoiré-sur-Dinan, garde précieusement les carnets de route de son grand-père paternel, Raphaël Joliveau, lorsqu'il était au front en 14-18, afin de transmettre cette période douloureuse pour les descendants de celui-ci. Raphaël est né à Courdemanche le 12 novembre 1895. Maréchal-Ferrant dans l'entreprise familiale au lieu-dit « La Chauvinière » à Jupilles, il fut appelé sous les drapeaux le 15 décembre 1914, à l'âge de 19 ans. C'est en carriole à cheval qu'il rejoignit la gare d'Ecommoy pour se rendre au 124 ème d'Infanterie à Laval avec 3 autres jeunes appelés de Jupilles. Jour après jour, le soldat qui fut tambour, brancardier, au service ravitaillement, a décrit son quotidien entre les bombes et les cadavres de ses camarades.

Extraits : 21 mai 1916 -

« Nous arrivons à Verdun, la grande cérémonie va commencer, il nous faut mettre les masques, il y a du gaz. Nous sommes à quelques km des premières lignes, il fait noir, nous marchons dans la boue et à peine si on peut en sortir. Il y a des cadavres un peu partout, une odeur de putréfaction intenable ! Il m'est impossible de croire ce que je vois, des hommes restés là, à même encore, d'être enterrés par les obus, après leur mort ! »

Raphaël Joliveau, qui fut conseiller municipal à Jupillles de 1945 à 1965

Raphaël Joliveau, qui fut conseiller municipal à Jupillles de 1945 à 1965

11 juin 1917 - Lors d'un déplacement de grenades trop près des entrées des abris, un engin explosif (minemwerfer) de l'ennemie, tombe sur le lot de grenades et les fait exploser. Un éclat vient frapper Raphaël dans la tête. Le major qui l'examine lui dit « C'est fini pour toi, tu as un œil de crevé et l'éclat est resté dedans ! ». C'est ainsi qu'il quitte le combat et ses copains sans avoir le temps de leur dire au revoir pour être soigné le lendemain à l'hôpital de Chalons-sur-Marne où il subit l'énucléation de l’œil.

Josette, gardienne de la mémoire de son grand-père, poilu de 14-18

Raphaël Joliveau a rempli 2 carnets de route, avec une écriture impeccable comme on savait le faire à cette époque, qu'il a remis au propre sur un cahier broché de 150 pages se terminant par cette phrase « Je m'incline bien bas devant tous ceux, et en particulier, mes camarades de régiment qui ont donné leurs vies pour notre Patrie, nous leur devons beaucoup !

Josette a pris le soin de reproduire ce cahier en plusieurs exemplaires pour les membres de la famille.

«Étant trop jeune à l'époque, j'ai un regret, c'est de ne pas l'avoir interrogé sur cette période.» Indique la petite fille de Raphaël Joliveau, titulaire de la médaille militaire, de la Croix de Guerre, de la médaille de Verdun et de la médaille de la Somme.

Retour à l'accueil