La fin prochaine des travaux de la construction de la Maison de la Santé, est l'occasion pour François Paré, médecin en retraite, de rappeler son combat pour prévenir la désertification médicale.

 

Précurseur au niveau national sur ce problème, François Paré avait en 1998 alerté, lors d'une réunion à Angers, son ami le doyen de la Fac de Nancy, Jacques Roland, qui fut par la suite président du Conseil National de l'Ordre: « Nous commençons à avoir des problèmes en campagne pour avoir des remplaçants, et les confrères qui partent ne trouvent pas de successeurs ».

Maître de Conférence à la Faculté de Médecine d'Angers en 2000, puis Pr associé en 2003, François Paré avait proposé à une douzaine de ses internes différents axes d'étude pour leur thèse, dans le but de proposer une organisation différente de la médecine générale: la démographie médicale, le métier de médecin, les réseaux de soins, les souhaits des jeunes médecins pour leurs installations, etc… Sachant que la principale cause réside dans un rejet des conditions de travail du médecin de campagne d’autrefois, isolé et submergé par sa tâche, souvent au détriment de sa vie de famille. La jeune génération de médecins ne veut pas reproduire ce mode de vie professionnel et rêve à un autre modèle de pratique. Créer des Maisons Médicales pluridisciplinaires devenait une des solutions. La première en France fut construite à Sablé-sur-Sarthe, il y a très longtemps.

« C'est à partir des souhaits les jeunes médecins, qu'il faut l’organiser. Si on ne fait pas ce qu'ils souhaitent, ils vont ailleurs ou font autre chose. J'avais demandé à mes internes, d’étudier les attentes des élus, mais aussi la relation des usagers au système de soins dans leur bassin de vie, etc. Nous nous étions intéressés aux jeunes médecins, aux médecins installés et à leur départ anticipé. Toutes ces thèses constituent une vraie étude sociologique ». explique François Paré.

C'est début 2005 que François Paré organise des réunions avec les professionnels de santé du territoire. Ils donnèrent pratiquement tous leurs accords en 2007, pour adhérer au projet d'une Maison de Santé à Château-du-Loir. « À la suite de mon intervention au Congrès des Maires à Brûlon en 2008, plusieurs maisons médicales ont été réalisées. Par contre, certaines sont vides au 3/4, car les professionnels n'avaient pas été conviés à collaborer à l'origine de ces créations. C’est ensemble qu’il faut construire ce type de projet.»

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