"L’Age de faire" par Élie Boudhou

À une époque où tout semble facilité par les moyens technologiques, par une société rodée aux lois du marché et du libéralisme, à l’heure où plus personne ne semble remettre en question le bien fondé et le passage obligé vers un bonheur tant souhaité et espéré, une nécessité se fait plus que jamais ressentir parmi nos contemporains.

Plus exactement, un tsunami se prépare lentement dans les tréfonds inconscients de tout un chacun. Un murmure si bruyant que nul ne peut ignorer ce bruit. Que se passe-t-il au sein de nos mondes idéals, où le bien être semble si « apparent » ?

Un grain de sable vient-il enrayer la machine à produire des pseudo-humains ?

L’  « état providence » a-t-il démissionné de son devoir de protection des individus dans le but de rassurer les actionnaires des sociétés du CAC 40 ?

L’être humain est-il par évidence condamné à errer ad vitam aeternam pour une quête du bonheur produite par le miracle « mercantile » ou est-ce tout simplement un mirage qui pointe vers un horizon illusoire ?

Prenons l’exemple d’un navire. Il est admis qu’au moment où le capitaine perd la raison et donne des ordres mettant en péril le bateau et ses occupants, l’équipage décide de le mettre aux arrêts et prenne le commandement à sa place. Ce n’est en rien une mutinerie mais, au contraire, une action raisonnable et salvatrice. Il en est de même dans nos démocraties. Aujourd’hui, les gouvernements ne répondent plus aux attentes des citoyens. Une majorité perd pied et coule parfois sous le poids des lois du marché qui, peu à peu, ont remplacé les droits fondamentaux de l’homme.

Face à ce désengagement volontaire de nos dirigeants il est devenu préférable de se prendre en main par région, ville, quartier, famille, soi-même. Pour les futures décennies, les structures telles que nous les connaissons ne subiront que quelques modifications dont bénéficieront les plus favorisés. Donc, ne nous illusionnons pas en fausses attentes; tout cela, comme le disait l’un de nos dirigeants, est « de la poudre de perlimpinpin », poudre qu’il a lui-même utilisée pour duper le plus grand nombre.

Pour rassurer ceux qui pourraient penser que je dramatise la situation, mon point de vue n’est pas de renverser la situation, ce qui pourrait engendrer plus de mal que de bien dans l’état actuel des choses… mais plutôt de proposer des alternatives réalistes à cet état de fait.

Après l’âge de l’homo-économicus voici venir l’âge de faire. Prenons dès aujourd’hui les commandes de notre vie. Dans un ouvrage que j’ai écrit « D’un sacré quotidien à un quotidien sacré » j’évoque les principes de la torah « faire, sentir, agir », selon lesquels l’action dans le monde matériel est nécessaire à notre équilibre. Alors, ne perdons plus une minute, cessons de cogiter ou de se plaindre d’une réalité qui nous oppresse et d’une vie trop routinière. Soyons acteur de notre présent et exprimons notre opinion; tel est le défi que nous devons nous lancer à nous même. En fin de compte quel risque prenons-nous ? Aucun si ce n’est celui d’avoir fait un acte cohérent pour notre vie et pour les autres, une mitzvah comme le disent les hébreux.

N’hésitez pas à me faire partager vos expériences.

Bien à vous

Élie Boudhou

Elieboudhou3@gmail.com


 

 

 

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