Par Pierre BESNARD- Responsable santé d’UFC Que Choisir de la Sarthe

 

Comment le Covid-19 se manifeste-t-il ?

Si les premiers symptômes du coronavirus sont une fièvre et de la toux, la personne peut présenter une grande variété de manifestations cliniques : malaises, myalgies, troubles digestifs, troubles de l’odorat ou du goût et anomalies cutanées. Une dyspnée peut survenir pendant la 1ère ou la 2ème semaine, elle est susceptible de s'aggraver rapidement.

Le virus est responsable souvent d'une atteinte respiratoire, mais d'autres manifestations sont possibles (neurologiques, cognitives, cardio-vasculaires, digestives, hépatiques, rénales, métaboliques, musculo-squelettiques, psychiatriques, etc.).

La contagiosité de l'infection virale nécessite des mesures de protection drastiques : respect des mesures barrières et de distanciation physique compte tenu des formes asymptomatiques ou pauci-symptomatiques. La forme la plus fréquente est une pneumonie sans signe de gravité dont la grande majorité des patients relève d'une prise en charge en ambulatoire. Les formes graves se manifestent soit d'emblée, soit secondairement, par des aggravations à la fin de la première ou pendant la deuxième semaine avec des tableaux rapidement évolutifs nécessitant une hospitalisation conventionnelle ou en réanimation. Les patients présentent des décompensations rapides, type défaillance respiratoire, complications thromboemboliques ou cardiovasculaires.

Les personnes qui sont à risques, nécessitent une attention particulière : les personnes âgées ≥65 ans, ayant des antécédents cardiovasculaires : HTA compliquée, AVC, coronaropathie, chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque ; Diabète non équilibré, pathologie respiratoire chronique, insuffisance rénale, dialysée, cancer évolutif sous traitement, Immunodépression, cirrhose, Obésité, grossesse au 3ème trimestre.

En cas de fièvre ou de douleur, le paracétamol est le traitement de première intention. Les patients avec des maladies chroniques ne doivent pas arrêter leur traitement sans avis médical. À ce jour, il n’y a aucun vaccin ou traitement spécifique.

Au sein de la recherche médicale, les représentants des usagers sont sollicités dans les comités de protection des personnes (CPP), du fait d’une obligation légale d’avoir un avis pour les projets de recherche impliquant la personne humaine.

Les établissements de santé ont mis en place des circuits séparés pour l’activité «ordinaire » et l’activité pour les personnes ayant un possible Covid-19. Toutefois la crainte perdure de venir à l’hôpital. Probablement que la communication sur ce point n’est pas optimale !

Pour limiter la pandémie, les personnes doivent être testées par RT-PCR immédiatement et celles qui ont été en contact ponctuellement avec elles. Un isolement est proposé dans l’attente du résultat du test. Si le test est positif, la personne est isolée comme un cas Covid+. Si le test est négatif, la personne symptomatique est isolée comme un cas Covid+. La personne asymptomatique est isolée pendant 14 jours. En cas d’apparition secondaire de symptôme évocateur de COVID-19, l’isolement est prolongé comme un cas Covid+.

Le recours à la téléconsultation ou télésoin

L’objectif est d’assurer la continuité de la prise en charge du patient. La téléconsultation est préférable à la consultation présentielle. Elle permet de consulter à distance son médecin, une sage-femme ou un chirurgien-dentiste.

Le télésoin permet de communiquer avec un pharmacien et/ou pour des actes par les professionnels de santé (infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes, ergothérapeutes et psychomotriciens)

Ils ont connu une forte évolution depuis mars, ils sont remboursés et permettent :

  • D’assurer une prise en charge à domicile pour les patients présentant les symptômes de l’infection ou reconnus atteints du COVID-19.

  • Faire pratiquer le test de dépistage, confirmer le diagnostic clinique, évaluer les signes de gravité et les possibilités de maintien à domicile. Les tests sérologiques, en complément de la RT-PCR, peuvent permettre de répondre à la question « suis-je ou ai-je été malade du COVID-19 ? ». En revanche, les tests sérologiques ne permettent pas de répondre à la question « Suis-je contagieux ? ». Enfin, ils ne permettent pas encore de répondre à la question « Suis-je protégé contre le COVID-19 ?».

  • De faciliter l’accès aux soins, y compris en cas de besoin de prise en charge aigüe ;

  • D’assurer une continuité de prise en charge chez les patients ayant une maladie chronique et chez les femmes enceintes (séances de préparation à la naissance et à la parentalité et le bilan de prévention) ;

  • De protéger les professionnels de santé de l’infection ainsi que les patients qu’ils prennent en charge.

Les patients n’ayant pas accès à la vidéotransmission, la téléconsultation par téléphone avec son médecin est remboursée par l’assurance maladie, comme les autres téléconsultations, dans les situations suivantes pour les patients :

- n'ayant pas accès à une connexion internet à haut débit ou très haut débit,
- qui sont atteints ou suspectés de covid-19,

- ont une affection de longue durée,

- âgés de plus de 70 ans,

- femmes enceintes.

Vous pouvez être accompagné(e) d’un proche, d’un aidant, d’un professionnel de santé. Le secret médical est assuré.

On peut regretter que les associations d’usagers n’aient pas été associées au début de la crise pour les déprogrammations de soins. On peut faire le vœu pour qu’elles soient sollicitées pour intervenir et travailler avec les équipes qui ne sont pas au lit du malade afin de limiter ou éviter les dysfonctionnements pour la reprogrammation des soins ! Comment vont être reprogrammées les consultations déprogrammées, alors que les rendez-vous étaient déjà planifiés à 6 mois ou un an ? Quelles vont être les priorités : les patients en ALD ? Les patients qui en ont le plus besoin vont rester isolés car devant rester confinés, ont moins accès aux soins que ceux qui retrouveront leur liberté de déplacement.

Le retour de la liberté d’aller et venir !

La mise en confinement a profondément impacté les parcours de soins, le déconfinement va entraîner lui aussi des difficultés sur les parcours. Comment revenir à des parcours de santé coordonnés ? Comment assurer les droits fondamentaux des personnes ?

L’organisation des soins et les aides à domicile vont au-delà de la téléconsultation. Le domicile est l'angle mort de cette épidémie. Il faut reconnaître que les soignants ont géré admirablement les situations. L’exclusion de la médecine de ville au stade 1 et 2 n’a probablement pas facilité la continuité des soins. La téléconsultation mise en place a permis de maintenir un lien avec des patients connus mais elle n’est pas accessible à tous (zone blanche, difficulté d’utilisation d’outils numériques).

L’utilisation de tests biologiques ou du traçage numérique des déplacements lors du déconfinement pose des questions éthiques et évoque une ère de la surveillance qui n’est pas loin avec des risques de discriminations !

Toute personne qui souhaite se protéger doit pouvoir le faire, mais doit pouvoir assumer les risques qui la concernent, sans en faire prendre aux autres.

Concilier la responsabilité et la liberté de sortir de chez soi, d’aller et venir, va entraîner au sein des familles des dilemmes éthiques, des prises de décisions complexes, liées à des points de vue divergents entre la personne en situation de handicap ou de maladies chroniques.

Il est important de prendre en considération le vivre ensemble et les conditions de socialisation. Si les mesures de distanciation sociale sont exigées à tous et le port du masque sachant qu’il n’est pas applicable pour certaines populations comme les enfants, les personnes atteintes de troubles psychiques, les personnes polyhandicapées. Quel est le rapport à l’autre avec le masque ? Quelle stratégie pour que le port du masque soit acceptable par tous ? Quel masque ? Au début de la pandémie, le masque était inefficace, maintenant il a retrouvé sa légitimité notamment celui à usage multiple.

Aujourd’hui, la seule parole qui semble écoutée est celle des experts du monde sanitaire. Les associations, les corps intermédiaires et les bénévoles qui œuvrent beaucoup sont bien souvent oubliés. Pourtant, dans la démarche scientifique, le débat contradictoire permet d’avancer.

 

 

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