Mardi au parc Henri Goude, Il y avait un grand absent lors de la cérémonie du 79 ème anniversaire de la rafle des Juifs à Château-du-Loir du 12 octobre 1942. Seul rescapé de la rafle castélorienne, Henri Joinovici, est décédé à l’âge de 85 ans le 2 septembre 2021. Celui-ci a consacré le reste de sa vie à rappeler le supplice des siens, soulignant haut et fort le sacrifice des résistants locaux et le courage des « justes », les Cartier et les Nabineau, qui ont caché et protégé le petit garçon qu’il était. Cette cérémonie empreinte d’émotions s’est déroulée en présence des élus de Montval-sur-Loir, d’Anne-Caroline et Isabelle, les filles d’Henri Joinovici, les trois petites filles des époux Cartier, de Joseph Weismann, rescapé de la Shoah, d’Yves Moreau, l’historien sarthois, des porte-drapeaux d’anciens combattants, du Souvenir Français, des Sapeurs-pompiers, de la Croix-Rouge, de Philippe Delaroche, d’une classe de terminale du Lycée Racan.

« Nous sommes réunit pour rendre hommage aux victimes de la Shoah, ces adultes et ces enfants qui n’ont pas pu grandir puisqu’exécutés dans des chambres à gaz. C’est Henri Joinovici qui nous réunis aujourd’hui à qui nous rendons hommage. Avec la disparition des témoins vivants se profile le risque de l’oublie des consciences. Le monde contemporain n’est pas protégé à jamais de ces dérives vertigineuses ou l’humanité et la fraternité se trouvent pétrifiées devant le déferlement inouï de la violence » rappela Hervé Roncière, le Maire de Montval-sur-Loir.

 

Martial Méaude, Maire adjoint de Château-du-Loir, organisateur de la cérémonie, avait en tant que professeur de français sensibilisé les élèves de la région à l’occasion notamment de déplacements recueillis à Auschwitz avec le concours d’enseignants comme Stéphane Fouchard.

« J’ai connu Henri et j’ai respecté l’homme mais, surtout, j’ai toujours été admiratif face à l’énergie qu’il a déployée pour transmettre son histoire familiale auprès des plus jeunes dans les différents établissements de notre ville et de notre région ».

Ami proche d’Henri Joinovici, Yves Moreau l’historien sarthois a fait des recherches sur la déportation des juifs dans le département de la Sarthe, 279 hommes, femmes et enfants juifs vivant dans la Sarthe ont été recensés, fichés, puis finalement arrêtés et déportés entre 1940 et 1944. Celui-ci a rappelé et détaillé l’arrestation de la famille Joinovici.

François Olivier, Maire de Château-du-Loir a accompagné sur la stèle, les élèves de la classe de terminales du Lycée Racan pour la lecture et la pose de roses blanches de chacun des noms des 14 adultes et enfants, qui ont été déportés au camp d’Auschwitz-Birkenau.

« Nous reconduirons aussi longtemps que possible cette commémoration afin que personne n’oublie ces événements et aussi pour respecter la volonté d’Henri Joinovici qu’il a exprimée jusqu’à ses derniers instants » résume Martial Méaude.

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Joseph Weismann s’entretient avec Anne-Caroline et Isabelle, filles d’Henri Joinovici

 

Joseph Weismann, vice-président de la communauté israélite de la Sarthe, participait à cette cérémonie mémorielle. Après avoir été arrêté lors de la rafle du Vel’Hiv’ le 16 juillet 1942, et interné au camp de Beaune-la-Rolande, Joseph Weismann parvient à s'évader avec un ami, Joseph Kogan. En 1996, lors d'un colloque à Orléans, Simone Veil essaie de le convaincre d'écrire ses mémoires : « Monsieur Weismann, vous avez un devoir de mémoire à accomplir ». Dans un premier temps il ne l'écoute pas, pensant que ça ne le concerne pas ; mais il finit par admettre qu'elle a raison et témoigne depuis régulièrement dans les collèges en France et à l’étranger. Son histoire a inspiré le film « La Rafle ». Celui-ci a fait un film testament « Après la rafle » qui restera un outil pédagogique pour les futures générations. « Je conclus toujours mes interventions devant les jeunes par cette phrase

« n’acceptez pas l’inacceptable »  

 

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