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SCIRPE 
Société pour le Connaissance, l’Information, le Respect et la Protection de l’Environnement.
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 Orchidées de Thoiré sur Dinan, le 17 & 26 mai 2007
A cette date la visite doit permettre d’observer entre dix à quinze espèces d’orchidées
indigènes sur 22 recensées autour de la vallée du Gué de la Chartre, à deux pas de la forêt de
Bercé soit une randonnée botanique d’environ quatre à cinq kilomètres. Le nombre d’espèces
observées dépendra des conditions climatiques, décalages, absence temporaire, date choisie.
Les photos incluses dans ce texte ont été prises dans les lieux énumérés avec un appareil
numérique pendant les saisons de 2002 à 2007.
La présentation ci-après suit le trajet « découverte » établi maintenant depuis six années grâce
à la participation de nombreux propriétaires dont vous traverserez la propriété.
La conservation des sites consiste en particulier à « ne rien faire » sauf pour les sites ouverts à
pratiquer une coupe tardive des herbes et foins qui doivent être ramassés. Il faut aussi
proscrire tout amendements qui modifieraient la composition du sol. L’ajout de marne est
recommandé dans le cas d’acidification avancée, présence d’oseille, fougères et autres plantes
indicatrices. La ville participe a cette action en repoussant la coupe des bermes à la fin mai sur
la route de la Cailletière.
Le circuit débute des fermes de la Gougeonnière et du Paty et suit la pente naturelle du
terrain vers le ruisseau du Gué de la Chartre jusqu'à sa source dans les champs Béchet. Sur ces
prés et friches en pente douce on rencontre sur environ 1km successivement : 
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L’Orchis bouffon (Orchis morio) est abondant localement
dans les prés fauchés tardivement. Il réapparaît aussi après
une dizaine d’années sur des parcelles réensemencées en
prés et fauchées annuellement à mi-juin au plus tôt.
On a trouvé au Bignon quelques pieds totalement blancs.
Au 16ème siècle il portait le nom de « couillon fol femelle ». 
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L’Orchis grenouille (Dactylorhiza viridis, ex-Coeloglossum
viride) est très difficile à remarquer! Rareté protégée dans notre
département, elle est depuis toujours sur notre commune dans
des prés très anciens, pâturés ou non. Elle doit sa disparition à
sa discrétion et à sa biologie très particulière. C’est une plante
tardive qui ne résiste ni aux amendements ni aux fauches
précoces de début juin. Souvent enfouie dans les hautes herbes
de fin mai elle est souvent ignorée, pourtant sa couleur vert
amande et sont port sont bien particuliers.Les prés où elle a été
observée depuis 1956 n’ont jamais été cultivés à notre
connaissance, mais tardivement fauchés, au plus tôt le 15 juin.
Elle apparaît entre le 10 et le 20 mai au milieu des herbes qu'elle
ne dépasse jamais. Elle a réapparu dans l’éclaircie d’une
parcelle reboisée depuis 25 ans. 
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L’Orchis mâle (Orchis mascula) est une plante courante, les
feuilles basales sont tachetées et l’éperon est bien dressé
comme sur la photo.
Commune dans les prés fauchés tardivement, dans les friches
récentes, bermes et talus non traitées aux herbicides.
Au 16ème siècle appelée « couillon de chien », on
consommait ses tubercules et lui était attribuée des vertus
aphrodisiaques. 
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Le Plathantère verdâtre (Plathantera chloranta) est très
abondante dans notre commune, dans les prés, talus, taillis et
sous-bois, sa floraison est visible sur une longue période de fin avril
à mi-juin, dès mars les deux feuilles sont développées avec un
reflet argenté typique qui ne peut se confondre avec les feuilles du
Listère.
Familière des jeunes taillis, elle disparaît progressivement avec la
fermeture du milieu pour réapparaître à la coupe suivante.
Ne pas confondre avec P. bifolia dont les anthères sont parallèles
et fleurit quand celle-ci se fane. 


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Le Listère à feuilles ovales (Listera ovata), la plus commune de
nos orchidées sauvages, très abondante dans les sous bois et taillis!
Facile à reconnaître avant floraison avec ses deux feuilles ovales
opposées à 5 cm au dessus du sol. 
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L’Orchis brûlé (Neotinea ustulata) est présent depuis toujours dans
les Brunetières, il a disparu dans les années 80 du talus de la route
des Boussions au dessus du Bourg où il était abondant dans les
années 60, vous l’avez vu dans la Paturette un champ en cours de
fermeture charmaie-chênaie.
Un pied vu annuellement dépasse 40cm quand cette plante mesure
de 10 à 20cm de hauteur. C’est une de nos plus belles orchidées
quand on sait la regarder de près. Floraison tout le mois de mai.
On trouve la forme blanche dans les prés les plus riches en
spécimen.
Le parcours prend le chemin des Périaux, où au croisement d’un de ces chemins creux d’antan le
groupe a pu admirer à l’ombre des charmes un ensemble d’espèces de fougères remarquables
regroupées autour des feuilles géantes du Dryoptéris dilaté, nous avons relevé à Thoiré 11 des 24
espèces recensées en Sarthe. 
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Nous avons poursuivi le chemin jusqu’au taillis des Périaux où depuis de nombreuses années on peut
observer une orchidée peu commune en raison de sa biologie, saprophyte elle se développe aux
dépends de l’humus produit autour d’arbres âgés, c’est :
La Néottie nid d’oiseau (Neottia nidus-avis) est une plante
saprophyte sans chlorophylle.
La rechercher en sous-bois humides. Pendant l’hiver on peut
facilement reconnaître les rameaux fructifiés desséchés de
l’année précédente. Plante à ne pas confondre avec les
orobanches qui lui ressemblent. 
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Le parcours fait demi-tour et on traverse un taillis parfaitement géré par un ancien de Thoiré de plus
de 90 ans, dans l’éclaircie des coupes récentes sera peut-être fleurie cette orchidée :
L’Orchis de Fuchs (Dactylorhiza fuchsii) se découvre
selon les années entre le 15 et 30 mai, en lisière de forêt,
dans les prés et sur les bermes et aujourd’hui dans
l’éclaircie d’un taillis.
Les feuilles à la base sont fines et tachetées de brun.
Autres lieux : Le Coin des Fossé à la lisière de la forêt de
Bercé où l’espèce se rapproche beaucoup de Dactylorhiza
maculata que l’on trouve ici en milieu plus forestier. Chez
maculata la pointe du labelle ne le dépasse pas. 
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abeille.jpg

Nous franchissons le Gué de la Chartre au niveau du chemin de Blanc-Puits et cheminons vers Thoiré
sur la route de la Cailletière au dessus d’une pâture en forte pente vers le ruisseau. La berme et le
haut du champ qui s’apparente aux « larris » calcaires normands était très riche en espèces
différentes d’orchidées, cette berme fût arasée en 1999 par méconnaissance par un exploitant
agricole pour rénover la clôture. L’espèce qui suit y était très commune, elle se trouve encore dans
notre commune sur les pelouses « pauvres » de particuliers observateurs.
L’Ophrys abeille. (Ophrys apifera) orchidée assez courante
qui pousse sur les larris calcaires pâturés au milieu des
herbes pauvres tel le pain de lièvre (Briza media).
Son nom se justifie par le labelle qui ressemble à un abdomen
de bourdon ou d'abeille. 
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L’Orchis singe (Orchis simia) est très abondant sur ce
versant sud de la Cailletière autant sur les talus que dans les
sous-bois autour des caves, mais absent sur le versant nord
du Gué de la chartre.
Cette jolie et élégante orchidée affectionne les talus et prés
frais en pente bien exposés à la lumière. 
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Sur cette même berme, sous la clôture de barbelés est réapparue depuis deux ans un autre
ophrys dont le nombre de spécimens est en forte augmentation :
L’Ophrys araignée (Ophrys sphegodes) est une orchidée assez
courante mais difficile à observer car souvent enfouie dans les hautes
herbes. Elle est aussi très variable, la fleur peut aller du vert au brun ou
pourpre avec liseré jaune ou non.
Commune sur les talus au dessus des caves de la Cailletière.
L’Ophrys petite arignée (O. araneola) qui lui ressemble et fleurit plus tôt
aurait été observée dans la commune.
Cette espèce est très variable, le dessin du labelle, sa forme et sa couleur varient d’une plante
à l’autre ! On la retrouve autour des caves où il faut la rechercher dans les endroits sombres,
au pied des haies et même sur la cendrée d’un jeu de boules ! 
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.En arrivant aux caves de la Cailletière nous passons devant une maison de vigne au cadran

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solaire insolite. Nous n’avons pas pu observer une espèce protégée en Pays de Loire, et
pourtant deux jours après votre passage elle formait ses feuilles et le jour suivant un premier
pied fleurissait c’est :
Le Céphalanthère pâle (Cephalanthera
damasonium) est une espèce protégée en Sarthe et
Pays de Loire, elle est pourtant abondante sur un talus
en sous bois frais à la Cailletière.
L’entretien de ce talus en sous bois clair par son
propriétaire est assurément la raison de ce maintien.
La fleur ici ne s'ouvre que très peu et est souvent
tachée de rouille.
Photo 25/05/2002, floraison 2004 et 2006 le 20 mai,
en 2005 la floraison eut leu le 1er juin et en 2007 le 15
mai !
Cette espèce aime l’ombre mais pas trop !!
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mouche.jpg

Arrivés aux caves une minuscule mais superbe orchidée est :
L’Ophrys mouche, (Ophrys insectifera) orchidée
spectaculaire malgré sa petite taille (fleur de 10mm maxi). La
fleur ressemble à s'y méprendre à un insecte!
Cette orchidée assez rare est commune sur les talus en sous
bois frais de la Cailletière.
La fleur est variable et peut faire apparaître un liseré pourpre ou
jaune en bas du labelle.
Photo 25 5 2002
Cette année nous avons relevé plus d’une centaine de pieds de
cette espèce. 

pourpre.jpg

L’orchis singe est ici très abondant et au milieu de centaines de celles-ci on trouve une très grande
espèce :
L’Orchis pourpre (Orchis purpurea) est l’une de nos plus
grandes et jolies orchidées. Celle-ci existait aux Périaux jusqu'en
1980 puis a disparu, elle persiste sur le haut de la falaise de la
Cailletière sur un ancien pré en reboisement. Des spécimens
atteignent 50cm de haut.
Des centaines de pieds de cette espèce ont fleuri sur le talus de la
route du Port-Gauthier (commune de Flée) cette année, un
fauchage précoce le 15 mai pourrait compromettre le site, à
vérifier en 2008.. 
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Plus bas sur le talus en sous-bois nous faisons remarquer une rosette de feuilles gaufrées de façon
caractéristique, il s’agit de l’Elléborine qui ne fleurira qu’en juin :
l'Elléborine à larges feuilles (Epipactis helleborine) apparaît
tardivement à mi-mai et ne développe ses fleurs qu’en juin, ce
qui ne facilite pas sa découverte et sa protection (fauchages
précoces). Les feuilles basales et l'inflorescence penchée avant
floraison sont caractéristiques.
Sites : Gué de la Chartre, Gougeonnière, Cailletière 
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Au retour sur le haut du champ près de la clôture le groupe a pu voir la rosette typique d’une espèce
bien connue qui sera dans sa floraison spectaculaire en fin de mois c’est :
L'Orchis bouc (Himantoglossum hircinum)
Cette orchidée est assez commune sur les talus ou sur
les pelouses des particuliers et facile à remarquer dès la
sortie des feuilles à la mi-mai. L’inflorescence apparaît
assez tardivement entre fin mai et mi-juin à Thoiré. Pas
encore fleurie le 19 mai 2005
Elle doit son nom à l'odeur puissante qu'il dégage si vous
en faites des fleurs coupées d'intérieur! 
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fleurslaches.jpg

Nous remontons ensuite pour boucler la boucle vers la Gougeonnière, un dernier pré de petite taille
offre au milieu des bouffons, brûlés, grenouilles, plathanthères, une espèce jadis très commune en
val de Loir :
L’Orchis à fleurs lâches (Orchis laxiflora) est assez rare dans la
commune mais présente chaque année dans un pré ancien de la
Gougeonnière.
Cette espèce inféodée aux prairies humides ou détrempées était il y a
15 ans très abondante dans la vallée du Loir sur les communes de
Flée et de Chahaignes, les herbicides «sélectifs !» ont eu raison de
cette espèce et de bien d’autres.
Celle du pré cité est d’un violet pur sans la ligne blanche souvent
observée dans la partie axiale du labelle. 
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Dans ce même pré fauché chaque année très tardivement fleurit plus tard un seul pied de :
L'Orchis moucheron (Gymndemia conopsea) qui est une espèce
commune aussi bien en Normandie que dans les Alpes mais peu
courante en Sarthe. Facile à reconnaître avec son éperon. Elle
fleurit tardivement fin mai dans les prés et sur les talus des routes.
Rare dans notre commune, on ne connaît qu'un seul site, avec

une floraison sporadique d'un ou deux pieds selon les années, 




(Spiranthes spiralis) connu à Thoiré sur un
en Sarthe.Route de Bouillant on trouve plusieurs pieds remarquables degrande taille. En effet les orchidées d’un même genre s’hybridentnaturellement dans un biotope bien sûr favorable.

spiranthe.jpg

A la suite du débrousaillage en hiver 2005 du talus au dessus de la
cave de la Cailletière cet hybride est apparu spontanément au
milieu d’une forte population de singe et à 50m de la population de
pourpre de chez M.Roger.
Remercions les habitants de Thoiré qui nous ont permis la visite de leurs terrains et qui entretiennent annuellement ces terrains contre le reboisement fatal à la majorité des espèces, ou fauchent tardivement leurs prés et sans les amender. Nous encourageons les amateurs à abonder cette liste qui fait de Thoiré l’une des plus riches communes de Sarthe en nombre d’espèces sur un quart de la commune recensée !


Denis FOUSSARD - SCIRPE
SCIRPE : Société pour le Connaissance, l’Information, le Respect et la Protection de l’Environnement
Adresse
 - SCIRPE -  Les Vaux, route de Mareil, 72510 Saint-Jean-de-la-Motte
   
 
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