02 Juin 1913

Pouvez -vous situer la scène, quelque part dans le canton ?

Photo transmise par Lucette BARDET,  notre spécialiste du passé.

Journal de Château-du-Loir du vendredi 6 juin 1913.

 

 

 

 

Noces d'or.  

 

Monsieur et Madame Loyer-Véron ;  

 

Monsieur et Madame Loyer-Fusil ;

 

 

Ont l'honneur de vous faire part du cinquantième anniversaire du mariage de Monsieur et Madame Véron-Beldent, leur père et mère, beau-père et belle mère, grand-père et grand-mère.  

 

Et vous prient d'assister à la messe qui sera dite à leur intention en l'église de Sainte Cécile, le lundi 2 juin 1913, à 9 heures et demie du matin, et au repas champêtre qui suivra.  

 

Le temps ayant bien voulu se montrer clément, le programme de la fête pu être entièrement exécuté, et c'était un spectacle émotionnant de voir tous ces vieux ménages, dont trois avaient plus de cinquante ans de mariage, partir allègrement, suivis de quarante invités, pour faire l'ascension de la colline sur laquelle se trouve l'église de Sainte Cécile.  

 

La grand-messe fut très solennelle, avec discours bien senti de Monsieur le curé de Flée ; les assistants y entendirent  Mademoiselle Marie Couret, amie de la famille, chanter admirablement le Panis Angélicus de sa voix chaude et sonore.  

 

À la sortie, un artiste photographe demanda l'autorisation de fixer sur des plaques ce jour mémorable, et en route pour la descente ; les voitures qui attendaient au pied de la colline transportèrent vivement les invités en forêt, à l'Hermitière, où un déjeuner froid admirablement servi fut réchauffé par les vins fins du pays : 1890, 1893, 1870. Un invité remercia au nom de tous Monsieur et Madame Véron-Beldent de cette belle et bonne journée en souhaitant que les noces de diamant suivent les noces d'or. Et la jeune Denise Beldent , petite nièce, leur récita un gentil compliment en offrant une gerbe de fleurs.  

 

Le bal fut ouvert par les cinquantenaires, on dansa, on chanta et c'est à regret que l'on dut quitter ce coin délicieux pour regagner le domicile des époux en passant par Jupilles, Thoiré, Flée, Château-du-Loir...

 

 

Mais, direz-vous, en quel pays habitent donc tant de vieux ménages toujours si jeunes ? Mais à Vouvray-sur -Loir, pays enchanteur aux vins généreux et dont les habitants sont renommés pour leur gaîté communicative et leur large hospitalité.  

 

On dit tout bas que d'autres cinquantenaires se proposent de se remarier prochainement. L'avenir s'annonce gai pour ce beau et bon Vouvray.  

 

J'entends encore le refrain de la vieille chanson :  

 

Loin de nous les grandeurs, la fortune et la gloire,  

 

Il est plus doux d'aimer, de chanter, rire et boire.  

 

 J. Hétais

Document donné par Lionel ROYER extrait du Petit Courrier du Val de Loir 

 

 

 

 

 

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